:o) 2e séance chantier : jeudi 23 mars à la Villa

Compte-rendu de la 2e séance-chantier sur notre créa collective

A la Villa Mais d’ici, Petite Loge

Jeudi 23 mars

 

Avec (quelques aller-retour en fonction des moments de la journée) : Maja, Audrey, Céline, Amandine, Juliet, Cédric, Alex

En orange : ce qui me parait ressortir de cette séance (c’est purement subjectif…)

 

MATIN

Echauffements :

Maja : enchainement de mime de manipulation du bâton

 

Impros à 2, ou entrées successives

Corps en situation d’attente 

Consigne (proposition Maja 1, Ju 2) : 1 qui attend et 1 qui a le temps, ils ne se connaissent pas

 

  • 1- Aline et Audrey – un banc, dans une salle d’attente d’une administration

 

Retours (Maja) :

Différences de registres : une personne dans l’absurde et l’autre dans le réaliste

Parole : vous avez parlé, mais avec des gestes. Or entre 2 inconnus, la parole est difficile mais pas impossible : si on s’interdit la parole même quand l’un prend la pendule du mur et la fracasse au sol, alors ça devient de la pantomime !

Vous avez oublié ce que vous attendiez à c’est la situation qui aide à développer le jeu

Trouver l’équilibre entre la place donnée à la vie du personnage et celle à la situation.

 

Dine suggère : salle d’attente. L’un a rdv et patiente, l’autre a un objectif différent à pour tester le fait d’être dans des temps différents

 

Maja définit le terme de « rejeu »

 

Ju : un geste anodin peut en dire beaucoup sur le personnage, comme le fait d’avoir ramassé la chemise par terre (hors jeu, mais pour nous c’est intégré dans le jeu) pour s’asseoir dessus

 

  • 1- bis

Audrey emploie tout le champs lexical de l’urgence : pressée, urgent, attendre, longtemps

Aline est dans un autre temps, et suggère une autre urgence : Audrey a une trace sur les fesses qu’il faut effacer

Après une hésitation, Audrey refuse d’accepter cette urgence là

Aline propose une 2e urgence : elle cherche à lui toucher les fesses, et là Audrey se sent prise par cette urgence d’éviter cela.

Maja entre et appelle Aline.

Audrey est seule.

Entrée Dine qui attend, puis ressort.

Entrée Ju qui propose une autre urgence (brigade de vérification des fesses pour sauver le banc qui est une pièce de musée) à conflit d’urgences pour Audrey

Alex entre en renfort (Ju sort)

Maja appelle enfin Audrey, mais au moment où Audrey croit que c’est enfin son tour et peut se débarrasser du brigadier Alex, Maja demande à vérifier ses fesses…

 

Cette impro nous donne envie de tester une prochaine fois un exercice collectif où une urgence en effacerait systématiquement la précédente, comme une chaîne d’urgences qui grandissent (faisant oublier les « vraies et essentielles »).

Le conflit des urgences

 

2 – Maja et Alex – dans une cellule, avant garde à vue, l’un est dans la lenteur (sédatif ?), l’autre cherche absolument à sortir et est dans l’agitation et l’urgence

 

expérimentation de la cohabitation de 2 corporalités différentes, de 2 temps différents

L’un happe parfois l’autre, puis se ressaisit.

 

Maja met finalement le feu à la cellule

 

Audrey : impro réaliste, attention à ne pas être dans un jeu cinéma si on veut faire de la rue

Mais là on expérimente juste

 

Alex : je sentais que mon rythme lent contaminait parfois maja, mais à son tour, elle m’inquiétait un peu.

 

Ju : réaliste, mais très juste dans le langage des corps. La situation ici n’était qu’un prétexte pour confronter ces corporalités différentes

 

 

Impro corporelle collective : marche dans l’espace

Consigne (Ju) :

Vous êtes le temps, donc vous avez le temps.

Puis le temps s’accélère.

Le temps peut être long mais ne s’arrête pas.

Liberté (de choisir sa vitesse ou sa lenteur) et contrainte (d’être contraint à la vitesse ou à la lenteur) dans le temps

Liberté = moteur intérieur / contrainte = force extérieure qui contraint

Puis rencontre entre la lenteur et la rapidité (moitié du groupe dans l’un). Se laisser contaminer ou rester dans son rythme ?

 

Retours

Aline : expérimentation de liberté/contrainte + que lenteur/rapidité

Dine : Confusion entre intérieur et extérieur. Peut-être à refaire avec une situation précise

Maja : tout le monde est parti sur un rallenti, mais sans aller à l’économie de mouvement. On avait de grands sourires dans la phase « liberté » puis j’ai exploré quelque chose de vicieux dans la lenteur

Audrey : dans la lenteur (liberté), j’allais là où je me sentais bien

Alex : c’est intéressant de chercher sa lenteur maximale

Maja : c’est super beau de voir des gens hyper lents

J’ai aimé la rencontre, la contrainte du temps qui veut contraindre la lenteur, et comment d’un seul coup c’est tout le corps qui est contaminé

Audrey : je me demande si la rapidité peut avoir le dessus sur la lenteur

 

 

Cédric : ce serait intéressant de faire cette impro avec un métronome

On pourrait prendre une situation banale de gens qui déjeunent par exemple et tu mets un métronome et là ça créée une tension

 

 

Ju ? Cédric ? : C’est intéressant de voir les différentes attitudes face à un danger imminent.

Par ex le feu dans l’impro précédente.

Il y a un monde qui s’effondre mais les gens n’ont pas la même corporalité

Cela questionne les manières de réagir face au danger

 

Audrey :

j’ai un fantasme sur le spectacle : j’ai l’image d’un monde qui s’écroule en arrière plan, et de personnages devant qui s’agitent et qui ne voient rien.

Mais le public, lui, le voit.

Pourquoi les personnages ne le voient pas ? Parce qu’ils sont occupés, ou parce qu’ils ne veulent pas voir ?

 

Aline : peut-être que l’image pourrait apparaître progressivement

 

Maja :

Peut-être qu’on n’est pas assez fidèle à notre propre rythme quand on est dans la ville, et qu’on se laisse contaminer par le rytbme des autres

 

Maja nous raconte ce qui s’est passé le 27 juin 1988 à la Gare de Lyon

(cf article : http://www.parismatch.com/Actu/Societe/Juin-1988-Gare-de-Lyon-tragedie-en-sous-sol-133136)

A savoir une collision entre 2 trains, un qui roulait à grande vitesse et sans freins, et l’autre qui était tranquillement à l’arrêt.

Il y a eu de nombreuses victimes dans le train à l’arrêt.

Et aucune dans le train qui roulait, et qui avait le problème de freins.

La raison est que les voyageurs du train qui roulait sans frein avaient été prévenus par le chauffeur (mort lui dans la collision pour avoir sauvé ses passagers) et avaient couru en urgence vers l’arrière de la rame (et probablement vécu un moment de grande panique).

Alors que les passagers du train à l’arrêt vaquaient tranquillement à leurs occupations d’attente du départ de leur train, qui était en retard, sans avoir conscience du danger qui les guettait.

Maja raconte qu’une femme dans ce train piétinait d’impatience devant le départ retardé, et par impatience, elle est sorti sur le quai et c’est son impatience qui l’a sauvée…

 

Alex : est-ce que c’est l’urgence que l’on ressent dans notre quotidien qui nous empêche de voir la vraie urgence, une urgence plus globale (climatique) ?

 

Maja : ou bien c’est la question des priorités

 

Ju : parler d’urgences, c’est aborder la question de nos priorités

 

Aline : la lenteur aussi peut être une contrainte, comme dans une salle d’attente. La lenteur et l’attente peuvent aussi être ce qui nous contraint à sortir de notre propre temps intérieur

 

Ju : Comment on fait pour ne pas se laisser happer par les urgences/priorités extérieures ?

 

Audrey : c’est comme l’histoire du crabe qu’on jette dans l’eau bouillante ou qu’on jette dans une eau froide qu’on réchauffe progressivement

 

Alex : mais ça, c’est pas vrai, c’est une légende urbaine

 

Audrey : en tous cas, l’accès à l’eau va devenir une urgence. On se focalise sur le pétrole, mais il y a cette réalité là aussi

(cf Nicolas Hulot http://www.ifieldgood.org/ca-me-concerne/environnement/eau/)

 

Ju : citation du poète René Char entendu à la radio ce matin : « Dans notre monde, l’essentiel est toujours effacé par l’insignifiant »

 

 

Cédric : ça me fait penser à un processus inéluctable (comme l’idée d’Audrey), un enchaînement en « effet de chaîne »

 

Ju lit le texte sur « Les Souffleurs » :

Texte Les Souffleurs – In Vivo Anne Gonon

Exemple d’une forme atypique de « spectacle », et on n’en est pas si loin que ça dans notre approche de CC avec laquelle on se « fond dans la masse » du quotidien des gens pour donner à expérimenter des instants de poésie, hors du temps quotidien…

Juste pour ne rien fermer au niveau de la forme de ce qu’on va créer : pas forcément un « spectacle » frontal avec un début et une fin

 

 

 

APRES-MIDI : « Au top, vous passerez au câlin ! » (Alex 😉

 

Ju a proposé de tester des perceptions subjectives du rapport au temps :

 

Pendant 1 minute (signal donné à chaque minute), nous avons 2 par 2 expérimenté la durée dans 4 situations différentes :

  • – en courant
  • – en équilibre sur 1 pied
  • – les yeux fermés
  • – en faisant un câlin

 

 

Puis, par 2 (et ensuite seul), nous avons essayé d’intégrer cette notion de « minute » sur ces 4 situations (dans l’ordre de notre choix).

 

Entre ce qui nous est plus désagréable et qui nous a paru plus long, et ce qui nous a paru court, notre petite voix intérieure a essayé de rééquilibrer le ressenti de la durée….

Et conclusion : c’est pas évident !

 

 

 

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